Au détour d'une rue, au détour de mon chagrin, à l'angle de mes larmes j'ai aperçue ma vie où tout est fait dans une simplicité tellement complexe que du brouillard s'est abbatu dessus.
J'me suis assise au bord d'un trottoir & j'ai attendu. J'ai attendu que la pluie se transforme en glace, que le jour devienne nuit, que les feuilles tombent des arbres, que les gens rentrent chez eux. Que le soleil se couche, que les derniers métro passent, que les magasins ferment, que les enfants sortent de l'école. J'ai vu les secondes se chevaucher. J'ai vu les saisons défiler, les heures passées, les années se bousculer. & entre tout ça, je t'ai jamais vu revenir. J'ai attendu tout ce temps, pensant qu'un jour j'allais te revoir. Combien de fois me suis-je retourné dans la rue, le c½ur en vrille parce que j'avais cru apercevoir un bout de silhouette qui... ou une chevelure comme... ? Combien de fois ? Je croyais que je n'y pensais plus mais il me suffisait d'être un moment seule dans un endroit à peu près calme pour la laisser venir. On se quitte toujours trop tôt et, les regrets ne viennent qu'après. Quand le manque se fait ressentir, quand l'absence nous fait souffrir c'est là qu'on se rend compte de la véritable valeur que les gens ont pour nous. Il est trop tard. & c'est ça le problème.


